La librairie et la rentrée de septembre

août 30, 2009

C’est la rentrée…
Et comme chaque année, les rentrées littéraire et scolaire se chevauchent chez Graffiti.
On pourrait penser qu’elles s’opposent, les amateurs n’étant pas nécessairement les mêmes. Mais n’oublions pas que le livre scolaire acheté en librairie, est parfois la seule occasion pour certains de découvrir ce qu’est une librairie, ainsi que le service apporté par le libraire. Un premier pas, qui peut-être en entraînera d’autres, et qui dans de petites villes est souvent indispensable pour y assurer la présence de ce commerce dont une consœur libraire à Abidjan aime à dire : Une librairie est par essence, une activité à vocation culturelle et par nécessité pratique, une activité à responsabilités commerciales.
Livre scolaireLa façon dont le livre scolaire se diffuse en France depuis quelques années, est à cet égard révélatrice de l’incidence considérable qu’il peut avoir, en termes d’équilibre économique pour de petites entreprises de librairie. Partant du principe que le livre scolaire doit être gratuit, les régions françaises, qui en ont la charge, ont eu le choix entre deux options : grouper les achats chez les éditeurs ou d’importants grossistes, et les fournir directement aux écoles ; ou inventer un mécanisme, par chèques ou cartes à puces remis aux parents, permettant à ceux-ci de faire leurs achats en librairie. Dans le premier cas, une série de librairies de petites villes ont vu leur activité s’effondrer, et ces villes ont vu leur librairie disparaitre. Dans l’autre cas, c’est évidemment le maintien de l’activité qui a été assuré, et même si c’est dans un autre contexte, sans liaison avec le livre scolaire, l’histoire de Graffiti a démontré l’importance symbolique d’une librairie dans la cité, et le vide que crée son absence.

Il s’agit donc pour les lecteurs et les libraires de s’accommoder de l’encombrement causé par le livre scolaire durant la période de rentrée. Car en parallèle, c’est la rentrée littéraire qui nous excite. Certains la décrient, et c’est vrai qu’elle participe de la déferlante qui noie le lecteur, et de l’obsolescence de plus en plus rapide du livre. Cette rentrée 2009, c’est 656 romans et 313 essais et documents, sans compter les livres d’art, de cuisine, de jeunesse, de poche, de management, de tourisme et on en passe car la tête nous tourne…
Mais en même temps, quel plaisir de lire, de découvrir, d’échanger avec les lecteurs. Le métier de libraire, quoi…


La force du roman

août 30, 2009

La récente rencontre à la librairie avec l’éditrice Luce Wilquin et quatre de ses jeunes auteurs fut l’occasion de le souligner : la littérature reste le secteur phare de la librairie. Plus d’un livre sur quatre acheté chez Graffiti est un livre de fiction, qu’il s’agisse de littérature française ou traduite, de roman policier ou historique, de roman classique ou contemporain. Cette vitalité du roman et de la littérature en général est assez remarquable, puisqu’il s’agit d’un secteur éditorial en croissance : de 1995 à 2008, la part du roman dans la production des éditeurs français est passée de 15 à 23%. Graffiti fait donc un peu mieux encore, et si l’on y ajoute la part de la fiction dans le département jeunesse, les chiffres sont encore plus impressionnants.
Le lecteur a évidemment un peu de mal à s’y retrouver, dans cette profusion de titres qui recouvrent les tables de la librairie. Mais il sait en général tracer son chemin, s’aidant de critiques, de conseils, et du sixième sens qui appartient aux amateurs de livres. Les libraires sont là aussi pour y aider, et lorsque nous en avons le temps, nous enrichissons notre blog-lectures de petits commentaires. Sans prétention.
Nous ne pouvons donc que vous conseiller d’y jeter un oeil.